TROIS JOURNÉES DE GUERRE EN ANNAM

TROIS JOURNÉES DE GUERRE EN ANNAM

Éditeur : les Ed. du Sonneur

Collection : La grande collection
ISBN : 978-2-916136-69-1
Thème : Romans
Reliure : Broché
Description : 83 pages; (20 x 13 cm)
14,00 €
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  Résumé

Pierre Loti (1850-1923) embarque au mois de mai 1883 sur l'Atalante pour participer à la campagne du Tonkin ordonnée par
Jules Ferry. Dans trois articles publiés par Le Figaro, il retrace le récit, heure par heure, de la prise de Hué. Y décrivant les exactions commises
par les marins français contre les Annamites, ses articles font scandale en France et en Europe. Il est alors mis en disponibilité par le gouvernement,
qui lui reproche de ne pas avoir tenu son devoir de réserve et d'avoir dépeint avec férocité et cruauté les agissements des soldats
français. En 1897, Loti publiera ces trois articles en les développant et en censurant les scènes les plus choquantes sous le titre Trois
journées de guerre en Annam, dans le recueil intitulé Figures et choses qui passaient.Cette nouvelle édition rétablit le texte d'origine.

17 août 1883. L'escadre se réunit dans la baie de Tourane. L'attaque des forts et de la ville de Hué sera pour demain. Aucune communication
avec la terre. La journée se passe en préparatifs. Le thermomètre marque 33,5° au vent et à l'ombre. De hautes montagnes entourent
la baie, rappelant les Alpes, moins leurs neiges. Sur une langue de sable, on aperçoit la ville de Tourane, un assemblage assez misérable de huttes
basses, en bois et en roseaux. On s'occupe à bord d'équiper les hommes des compagnies de débarquement, de leur délivrer à chacun sac, bidon,
bretelle de fusil, etc., même de leur faire essayer leurs souliers. Les matelots sont gais comme de grands enfants à cette idée de débarquer
degmain, et ces préparatifs sont absolument joyeux. Pourtant, les insolations et les fièvres ont déjà fait parmi eux plusieurs malades ; de braves
garçons, qui tout dernièrement étaient alertes et forts, se promènent tête basse, la figure tirée et jaunie. Dans l'après-midi, on voit arriver de
terre un canot portant des mandarins vétus de noir, l'un d'eux abrité sous un immense parasol blanc. Ils vont conférer à bord de l'amiral, et s'en
retournent comme ils étaient venus. À cinq heures, réunion et conseil des capitaines, à bord du Bayard. Orage et pluie torrentielle. Les matelots
passent la soirée à chanter, plus gaiment que de coutume. On entend même les vieux sons aigres d'un biniou, que des Bretons ont apporté.